Accueil » Musique » Articles »

Cyber-meurtres et cyber-catastrophes

Jean Pierre Lentin - 25.08.08

Plusieurs études récentes jettent un froid dans le monde des gadgets électroniques. Certains résultats fichent même carrément la frousse !

Une recherche menée à la Harvard Medical School montre qu’un simple émetteur radio disponible dans le commerce peut, dans les mains d’un hacker habile, reprogrammer un pacemaker afin qu’il envoie des chocs électriques ou épuise sa batterie en un clin d’œil. Ce type d’émetteur peut également cibler les autres appareils implantés, comme les pompes à médicaments (insuline, morphine, etc), les défibrillateurs ou les neuro-stimulateurs implantés dans le cerveau de certains épileptiques ou parkinsoniens. En somme, une recette de meurtres parfaits ! Imaginons, par exemple, un jeune futur héritier sans scrupules qui souhaiterait hâter le décès d’un parent…

Pour l’instant, aucune mort suspecte n’a été signalée mais, pour démontrer à quel point certains hackers peuvent devenir méchants, on cite une affaire américaine datant de 2007 où des hackers ont piraté le site de la Fondation sur l’Epilepsie et envoyé des flash lumineux répétés, susceptibles de provoquer une crise chez un épileptique consultant le site.

L'iPod, un engin de mort
L'iPod, un engin de mort

Une autre étude montre que les iPods peuvent perturber le fonctionnement d’un pacemaker s’ils se trouvent proche du cœur, jusqu’à 45 cm de distance. Heureusement, en général, les vieux n’utilisent pas l’iPod !

Et puis il y a le problème hospitalier. Dans divers services de réanimation où autres, des appareils électroniques remplissent des fonctions indispensables à la survie des patients, mais sont aussi vulnérables aux interférences des radiofréquences. C’est pourquoi les téléphones portables sont théoriquement interdits dans les hôpitaux. Je dis théoriquement car, par expérience personnelle, j’ai constaté que les portables sont tolérés dans les chambres, à condition qu’elles soient éloignées des équipements sensibles.

Mais on vient de découvrir d’autres sources possibles d’interférences nuisibles aux appareils hospitaliers. D’une part, les puces RFID (radio frequency identification devices), qui permettent par exemple d’ouvrir à distance la porte de son garage mais qui, paradoxalement, sont de plus en plus utilisées dans le cadre des soins hospitaliers, pour mesurer certains paramètres ou même identifier des patients. D’autre part, les fréquences radio d’alerte utilisant le réseau TETRA, sur la fréquence de 400 mégahertz pulsée à 17,6 hertz, utilisées par la police et dans tous les services d’urgences des hôpitaux. Ils peuvent affecter les appareils médicaux à plusieurs mètres de distance.

Et maintenant, les avions. En général, l’usage des portables et des ordinateurs portables, qui peuvent interférer avec les systèmes électroniques de pilotage, est interdit pendant les phases cruciales de décollage et d’atterrissage, et toléré pendant le vol. Mais aujourd’hui un terroriste kamikaze pourrait aisément utiliser un gadget électronique, apparemment inoffensif et indétectable qui serait spécifiquement programmé pour faire disjoncter les systèmes informatiques de pilotage.

cockpit

A l’heure actuelle, les cabines des pilotes ne sont pas équipées d’appareils de mesure qui pourraient signaler la présence d’ondes radios indésirables. Pourtant, une compagnie, MegaWave, avait mis au point un tel système en 1996 et l’avait proposé à toutes les compagnies aériennes. Mais elle n’a essuyé que des refus : c’était jugé trop cher et le risque semblait infime. A présent, il serait peut-être temps de se raviser…

REAGIR A CET ARTICLE // 9 COMMENTAIRES